03 février 2010

La voiture s'est arrêtée tout à coup devant la petite maison et immédiatement le charme de l'endroit m'a saisi. Cette drôle d'impression qui accompagne souvent ces lieux qu'on n'investit plus depuis longtemps que par le rêve ou le souvenir, ce délice, cette non-concordance, ce contenu qu'il faut soudain donner à une idée, un songe, je ne pouvais que prendre le temps d'y goûter, et je ne suis pas sorti tout de suite. L'énorme eucalyptus nous surplombait. Ce bel arbre qui me symbolise et qu'il faudra sans doute abattre... Si je suis appelé à revenir ici, je reviendrai autrement, différent de celui que j'étais à l'époque. Ce ne sera plus moi, enfin, pas exactement le même: j'y serai vraiment, et non plus par procuration.

Dans le champ, à l'arrière, un grand âne nous suivit des yeux et puis de tout son corps. Le bouc nain, à l'attache, n'a pas bougé d'un poil, comme les statues fantastiques autour de nous, et encore autour la ronce, les bocs vides, les restes de neige.

Vas-tu venir toi aussi, mon frère, vas-tu te lancer avec moi dans cette aventure? Dans le train vers la ville, je suis excité par les questions qui se posent, attiré sans oser la regarder en face par l'immensité du vide: il n'y a pas d'avenir là-bas, pas de bornes à la route puisqu'elle n'est pas tracée. Sacrée merde, tout est possible! Tout est possible.

Comme tu danses la belle,
Virevoltes à mon bras
Mais que dis-tu pucelle
D'un petit pas de côté?
En sortant de la piste
Ton talon peut casser
Mais tu sais qu'il existe
D'autres joies à goûter.

Alors nous ne danserons plus, nous ne pourrons plus remonter sur la piste... Mais nous ferons l'amour pour, pour...

Posté par Ivi Kromm à 11:37 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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